Thomas JORION

By on 18 mars 2016, in Non classé, Textes

Publication Thomas Jorion / Galerie INSULA

La galerie INSULA est heureuse de présenter pour la deuxième édition du Festival Photo Saint Germain des Prés et dans le cadre du mois de la photo à Paris, le travail de Thomas Jorion.

Dans la thématique du Festival 2012 « Voyages et Rêves », les œuvres de l’artiste nous proposent une véritable plongée aux cœurs « d’Ilots intemporels», porte ouverte sur des ailleurs à composer, à imaginer et à rêver.

La série du photographe présentée à la galerie INSULA, s’intitule « Palais Oubliés » série de clichés pris en Italie dans des lieux oubliés de tous, palais et villas à l’abandon, théâtre d’un temps figé empreint d’une magnificence déchue.

Le temps se veut soudainement comme étiré, sans repères. On assiste à une distorsion du présent à travers ces lieux vides, arrêtés, hors du temps, habités par cette présence d’absence.

Dans nos sociétés sous pression, de rentabilité et d’optimisation de chaque instant, Thomas Jorion prend lui le temps et nous conte à travers ses clichés silencieux d’autres histoires. Il nous questionne de façon absolue sur notre rapport à la vie et au temps. Ces lieux désertés où l’homme était mais n’est plus interrogent le spectateur comme une inéluctable mise en abîme, sommes-nous les auteurs, les acteurs de cet abandon ? Sommes- nous les témoins de notre passé ou face à ce qu’il adviendra ?

Telle une vanité des temps modernes, un memento mori, les clichés de l’artiste soutendent implacablement l’éphémère, la fragilité de l’existence humaine.

Anti camera, Italie, 2011

Anti Camera, Italie, 2008, Tirage Fine art, Ed.8

Quand nous ne sommes plus reste la beauté des pierres. En filigrane un romantisme contemporain, comme une pérennité des thèmes universels, on pense aux toiles de Caspar David Friedrich où l’homme est seul face à l’immense, à la solitude, à lui-même.

Ces palais oubliés, d’une esthétique singulière entre délabrement et beauté éternelle, font écho au courant des peintres italiens du XVIIIème parcourant les ruines antiques : Hubert Robert ou encore Piranèse.

Des lieux silencieux où l’on rentre sur la pointe des pieds, où le bruit des pas des invités résonne encore, on songe au faste fané du Guépard de Lampedusa, à ces murs décrépis, où la mélancolie est omniprésente, regard sur la fuite inexorable du temps. Une poésie de l’absence et du silence.

 

0

Reply